De profundis, lettres des abysses 3

De profundis, lettre des abysses

Voici la troisième lettre échangée dans le cadre de De profundis, le jeu épistolaire inspirée de H.P Lovecraft. Il s’agit de la réponse de Monsieur Zéta à  Monsieur Masurel. (Première lettre et concept du jeu ici).

Troisième lettre des abysses

Lyon, le dimanche 12 décembre 2010

Mr Masurel,

je vous remercie pour votre lettre que j’ai lue avec attention, voire même avec une certaine fébrilité. J’apprécie énormément l’intérêt que vous portez à ces théories mémétiques, car il faut bien dire que j’ai été de nombreuses fois insulté sur des forums Internet et même parfois banni de ceux-çi (notamment sur des forums d’Ufologie, discipline que vous semblez connaître).

Concernant vos angoisses, je tiens à vous rassurer, vous pouvez toujours utiliser les machines au quotidien ! Le cauchemar de Terminator n’est pas encore une réalité. L’intelligence artificielle capable de nous nuire de cette manière là n’a pas encore été inventée, et il est probable que lorsque elle le sera -c’est une question d’années- elle offrira également un potentiel inégalé pour aider l’homme à aller au delà de son humanité, dans une forme de fusion avec la machine que les transhumanistes appellent de leurs vœux.

Laquelle de ces deux visions du futur l’emportera et finira par s’imposer à notre réalité ? L’écrivain ésotérique anglais Alan Moore nous donne quelques clés à travers son œuvre, et notamment à travers ses romans graphiques comme ”Promethea”. Il y énonce que le monde réel n’est qu’une partie émergée de l’iceberg, qu’il coexiste avec le monde de l’esprit ; et que l’Homme a accès à ce dernier à chaque fois qu’il suit une idée, un rêve, qu’il invente une histoire…  Oui, l’imaginaire est la clé ! Des territoires extérieurs existent et nous les connaissons très bien : nous les franchissons chaque nuit ! Gloire à tous ceux qui sont capables de faire tomber leurs barrières mentales pour aller explorer ces incroyables contrées de l’imaginaire : s’ils sont suffisamment téméraires, ils en reviendront chargés de trésors  pour eux-mêmes et pour l’humanité toute entière ! Car certains artistes, certains rêveurs sont capables de canaliser la fiction et de la matérialiser, tout simplement : de là viennent les innombrables inventions de l’humanité ! Certaines histoires aussi sont tellement puissantes qu’elles finissent par s’extirper de leurs univers oniriques pour venir s’inviter dans le réel !

Les physiciens contemporains se rendent comptent en étudiant l’infiniment petit que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels. De plus, Ils réalisent que la manière dont ils observent les phénomènes influence l’existence même de ces derniers… Or la réalité n’est pas censée dépendre de la manière dont nous l’observons ! Soit la réalité est quelque chose partiellement voilé, hors de notre portée, soit nous créons nous-mêmes notre propre univers  physique. Dans tous les cas, il y a création de matière quelque part ailleurs, dans un endroit qui ne respecte pas les règles d’espace temps que nous nous sommes fixés !

Alors, quelles sont les histoires capables d’avoir suffisamment d’impact mémétique pour infecter nos cerveaux au point de finir par  prendre corps matériellement ?

Vous me parliez d’ufologie monsieur Masurel, alors je vous dit, oui, le mème des Extra-terrestres est extrêmement puissant… Mais je vous dit aussi qu’il faut se méfier des apparences et savoir aller au delà… Car il faut bien admettre que la galaxie est vide de toute soucoupe volante !

Je pense que ces histoires d’Extra-terrestres sont une succédanée des mythes du petit peuple (et non pas l’inverse comme vous semblez l’évoquer). Oui, les Faeries aimeraient tellement retrouver toute leur puissance d’antan ! Toute cette matérialité dont elles disposaient au temps de Shakespeare et de toutes ces histoires qui les mettaient en scènes ! Mais les temps ont changé, et il n’est plus possible pour le petit peuple de se matérialiser vraiment, à part à travers ces histoires de petits gris, d’enlèvements et de “crop circles” à travers champs…

Si l’on veut avoir une idée des créatures qui pourraient aujourd’hui prendre corps dans notre réalité, il faut se rapprocher des mèmes religieux. Ce sont eux qui ont le plus de force. Quelque part, les idées que l’on a des dieux ne sont pas très éloignées de formes de vies extras terrestres : ce sont des créatures transcendantales que nous ne pouvons pas vraiment appréhender tellement elles nous échappent ; Notre destinée les indiffèrent, nous ne sommes pour elles que des particules insignifiantes. Quelle folie de croire que les dieux s’intéressent aux humains, qu’ils chérissent leurs adorateurs…

Or, plus j’y pense plus je suis fasciné par le panthéon qu’a mis en place l’écrivain Howard Philip Lovecraft que je vous recommande si vous ne le connaissez pas… J’en suis fasciné car je réalise à quel point il est vivace alors qu’il ne s’agit après tout, que d’une poignée de nouvelles écrites dans les années 30… Aujourd’hui des éléments du Mythos, comme disent les spécialistes sont omniprésents dans la fiction : je ne compte plus les livres, les recueils d’illustrations, les jeux de sociétés, les jouets, les films de divertissements… Quelque chose est entrain de se passer, les mèmes religieux et ceux de la conspiration planétaire convergent !

Je pense que je vais me pencher très sérieusement sur ces déclinaison du mythe, monsieur Masurel, car nous sommes peut-être bien entrain de subir une attaque mémétique de très grande ampleur, et cela ne me dit rien qui vaille !

Dans l’attente de vous lire, sincèrement votre, Gabriel Zéta

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